• pablopatarin

Hétérogamie : ces couples issus de classes sociales différentes [TEMOIGNAGES]



Article non-publié, réalisé en Décembre/Janvier 2020/2021, par Pablo Patarin


Ruth et Martin Eden dans le roman éponyme de Jack London, Rose et Jack dans Titanic, Julien et Mathilde dans Le rouge et le noir de Stendhal… Autant d’exemples de romances impossibles ou sublimées par la différence de classes sociales des protagonistes. Cette difficulté engendrée par l’hétérogamie1, cristallisée dans tant d’œuvres, donne à voir une situation amoureuse des plus exaltantes et romantiques lorsqu’elle fonctionne, et des plus tragiques lorsqu’elle échoue. Cette hétérogamie entraîne-t-elle nécessairement un malaise complexe à surmonter pour les partenaires ? Entre réflexions, analyses sociologiques et témoignages de ces individus en "relation avec des partenaires de classes différentes de la leur", penchons-nous sur cette problématique qui semble ne pas l'être systématiquement.

Dans la réalité de la société contemporaine, bien peu de couples peuvent se targuer d’être véritablement hétérogames en termes de classes sociales. Un petit coup d’œil aux statistiques de l’INSEE et de divers sociologues, partiellement résumées dans cette infographie-maison, nous le confirme d’ailleurs. L'endogamie, qui s'oppose à l'hétérogamie, est ici analysée au travers des catégories socio-professionnelles, ne reflétant que partiellement les différences de classe :


© Pablo Patarin

Si les sociétés ont évolué dans leurs structures, l'homogamie reste un facteur déterminant de la reproduction sociale. Il y a deux siècles, le choix d'un conjoint était relatif à la politique des familles et constituait l'aboutissement de stratégies complexes, décrivait Pierre Bourdieu. Le rôle de la famille s'est progressivement évanoui, laissant une place plus importante aux désirs personnels et au choix des individus concernés. Mais ce choix n'en est pas vraiment un, ou tout du moins il ne s'affranchit pas toujours du milieu dont viennent les protagonistes. Les goûts et préférences sont construits socialement, et il est évidemment plus aisé de rencontrer une personne provenant déjà d'un milieu qu'on a l'habitude de fréquenter. Les rapports de sexe ou la distribution des goûts et préférences sont autant de contraintes inconscientes qui ne font que remplacer la contrainte familiale d'un autre temps. Si l'infographie laisse à penser que l'endogamie n'est pas si importante, on constate néanmoins dans les données de sociologues2 que les catégories socio-professionnelles éloignées ne se mélangent que très rarement (les employés vont aussi vers les ouvriers, mais les ouvriers vont rarement vers les cadres).


Par ailleurs, la classe sociale ne se limite pas à la catégorie socio-professionnelle ou aux moyens financiers des individus. Elle traite d’économie mais aussi de culture, de connaissances et de pratiques sociales... Moyens financiers et culturels ne se rejoignent pas toujours. Certains individus aux moyens financiers réduits font ainsi de longues études, et nombre de grands bourgeois au capital économique important ne sont pas au fait de la culture intellectuelle bourgeoise à proprement parler. C'est ce qui est d'ailleurs présenté dans la dernière saison de The Crown sur Netflix, où Margaret Thatcher, issue d'un milieu populaire, répudie la vulgarité et le manque de culture de la famille royale qu'elle est amenée à côtoyer dans le cadre de sa fonction de Premier Ministre. On pourrait aussi exprimer que la notion de culture n’est souvent définie que par la seule connaissance de la culture bourgeoise dominante : il faut avoir lu Baudelaire, connaître au moins quelques morceaux de Vivaldi, quelques grands maîtres en peinture, et autres connaissances valorisées par le système éducatif français et certaines familles de "bon goût". Pour autant, la culture en France n'est pas unique. Une multitude de cultures régionales, ethniques mais aussi de cultures propres aux diverses classes sociales se rencontrent et/ou se confrontent dans l'espace social. Qui plus est, la culture peut aussi regrouper les habitudes des individus, qui divergent également selon les milieux : on ne témoigne pas son affection de la même manière, on ne désire pas les mêmes choses, selon que l'on vient de "la haute" ou d'un milieu prolétaire. Il est également possible de distinguer la classe sociale liée à la socialisation primaire (enfance et famille, école) de la socialisation secondaire (milieu professionnel, groupes de pairs) où ,des "choix" divers sont réalisés. Ces choix ou situations peuvent amener ces deux socialisations à entrer en conflit, ainsi qu'un éventuel mélange des classes et milieux sociaux. Les individus sont finalement des nuances, partiellement et plus ou moins fortement déterminés par leurs vécus personnels, de leur plus tendre enfance à leur carrière professionnelle et confrontés ou non à divers individus de différents milieux durant leur vie. Autant d'éléments qui font évoluer les individus de manière souvent inconsciente. Une relation qui se construit entre deux êtres est donc une relation qui se construit entre deux vécus, deux réseaux de valeurs, qui semblent avoir plus de chances de diverger si les vécus sont différents et si les classes sociales le sont également.

Ce qui nous intéressera ici, ce sont donc ces couples qui viennent ou ont abouti dans des milieux différents, au sens où l'un n’a pas eu accès aux mêmes ressources financières et/ou n’a pas évolué dans les mêmes sphères culturelles que son partenaire.

Cette divergence de classe sociale, dans le sens exprimé précédemment, soulève une foultitude de questionnements quant aux problématiques qui peuvent se poser pour les protagonistes. L'hétérogamie induit-elle un rapport de domination systématique de "l’intellectuel" sur "l’ignorant" (au sens communément entendu mais fortement réducteur), du fortuné sur le démuni ? Se rend-on systématiquement compte de ces différences ? Ces relations aboutissent-elles plus souvent à une confrontation destructrice qu'à une transcendance des « mondes » au profit d’une relation permettant l’ouverture d’esprit des individus ? En somme, l’hétérogamie au sens des classes sociales est-elle une véritable problématique ? Ce sont ceux qui l’ont vécu ou estiment s’être retrouvés dans ces situations qui en parlent le mieux :


Les prénoms ont, pour la plupart, été modifiés selon les désirs des témoins :


- Rachel, 22 ans : "Je suis issue d'une famille de classe moyenne, où mes parents gagnent tous les deux bien leur vie et je n'ai jamais manqué de rien. Ils m'ont toujours permis de réaliser des activités, des voyages, tout en m'inculquant la valeur de l'argent et surtout l'idée de le gagner à la sueur de son front. En parallèle, mes parents ne sont pas diplômés (aucun n'a le bac) mais ils m'ont toujours aidée dans la mesure du possible. Par ailleurs, ma grand-mère m'a depuis très jeune ouvert au monde en m'amenant à des expositions, à l'opéra, au théâtre etc. Plus personnellement, j'ai l'habitude de côtoyer divers milieux sociaux.


J’ai rencontré cette personne, que je fréquente encore aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un ami en commun. Il est issu d'un milieu populaire à faible capital économique et culturel. Toutefois je ne l'ai pas spécialement ressenti et j'ignorais sa situation dans les détails avant que nous nous rapprochions. Je n'ai pas senti de fossé entre nous deux puisque je trouvais nos discussions et nos échanges très intéressants. Dès le début de ce rapprochement et encore aujourd'hui je n'ai pas noté de différence saillante puisque c'est quelqu'un de très cultivé et qui est parvenu à s'émanciper de son milieu familial. Toutefois, je sais qu’économiquement les choses sont parfois compliquées pour lui, donc j'évite de proposer des activités trop onéreuses, ou lui paye quand je peux, mais pas systématiquement car je sais que ça le gène. Il vit d’ailleurs encore chez sa famille, en HLM. Du coup nous n'avons pas vraiment eu à dépasser ces différences puisqu'elles n'ont pas réellement impacté notre relation et personnellement je n'ai jamais perçu cette différence de milieu comme un obstacle ou quelque chose qui viendrait compromettre notre relation (peut-être aussi parce que nous ne venons pas de milieux diamétralement opposés). Je pense que parfois il a pu avoir un sentiment d’infériorité, mais je ne pense pas qu'on puisse parler de domination.


Personnellement, je pense que l’hétérogamie est une grande opportunité car je reste persuadée que chacun, quel que soit son milieu, peut apporter à l'autre. Tout d'abord parce que le milieu dont tu viens ne détermine pas nécessairement dans son entièreté la personne que tu deviens. Et même si c'est le cas, les classes populaires sont remplies de valeurs que l'on a tendance à oublier en ces temps mais qui pourtant sont fondamentales à l'instar du partage ou de la solidarité surtout dans le monde d'aujourd'hui et encore plus au temps du COVID. Le problème actuellement est je pense que ce ne sont plus des valeurs " tendances" dans le paradigme qui anime notre monde. Tout ça pour dire que cette relation m'apporte beaucoup sur le plan personnel et que je suis extrêmement contente de vivre ce beau moment de partage et d'apprentissage mutuel."



Jeanne – 49 ans aujourd’hui, 20 ans au moment de l’histoire :


"Je viens d’un milieu populaire sur plusieurs générations, mais mes parents avaient un pied dans la bourgeoisie et fait des études supérieures, comme moi. J’ai rencontré cet homme alors que j’étais encore étudiante. Il vivait dans la même ville que moi, mais appartenait à une bourgeoisie supérieure, de celle que l'on ne voit que dans les films. Enfant de médecin, son père écrivait aussi des textes pour des chanteuses en vogue de l’époque. C’était cette bourgeoisie qui connaît toute l’élite française, mais aussi internationale. J’ai été amené à passer Noël à Madrid au milieu de la grande bourgeoisie espagnole, probablement d’ex-franquistes, où j’ai pu ressentir tout le dédain de ces individus. Ils restaient cordiaux au demeurant, mais me faisaient sentir malgré tout que je n’étais pas à ma place. Durant cette relation, cet homme a diffusé le sentiment que je n’étais pas assez bien pour lui, que mes goûts culturels et artistiques n’étaient pas légitimes. Il était aussi obnubilé par l’idée qu’une femme devait rester vierge jusqu’au mariage. Ce mec m’a quitté assez salement. 10 ans plus tard, il m’a envoyé une lettre sous forme d’excuse, dans lequel il m’exprimait qu’il s’était mal comporté et que je valais mieux que ce qu’il m’avait laissé penser au fil de notre relation."



Elise, 21 ans :


" Je viens d'un milieu social de classe moyenne voire élevée. Mes parents sont encore ensemble, ma sœur aînée est ingénieure, moi je suis dans une école vétérinaire à l'étranger qui est relativement chère. Mes parents ont fait des études supérieures et ma famille est relativement cultivée. La plupart des gens que je côtoie sont également en études supérieures. J'ai aussi des amis de mon école qui ont tous plus ou moins les moyens de se payer une école privée. Depuis plusieurs années, je bosse à plein-temps l’été. L’an passé, je travaillais dans un restaurant et le garçon avec qui j'ai eu une relation était le cuisinier d'un restaurant voisin appartenant au même patron. Il m'a contactée sur Instagram. Dès le début j’ai constaté nos différences, tout d’abord au niveau de ses études et culturellement : il faisait beaucoup de fautes d'orthographes, n’avait pas de bac, avait suivi un CAP cuisine sans le terminer.... Ensuite, il avait eu pas mal de problèmes avec la justice (infraction, incarcération minime). Il avait grandi en banlieue, sans connaître son père, ce qui était la source de beaucoup de ses souffrances. Sa mère, malade physiquement et psychiquement, était incapable de s'en occuper, et il a été placé dans un foyer d'accueil. Il a dû se débrouiller seul à partir de 16 ans. Il buvait pas mal, et fumait aussi. Économiquement, nos différences n’étaient pas importantes. Son salaire d'environ 2000 euros par mois l’amenait à être plus dépensier que moi, avec des achats réguliers de bijoux, montres et accessoires de luxe. Il aimait les voyages et avait un train de vie beaucoup plus libre que le mien.


On parvenait à se taquiner sur nos différences et je ne pense pas qu’il y avait de sentiment de supériorité/infériorité. Je pense que l’on a su faire abstraction de nos différences et on a pris sur nous pour "essayer" d'avoir une relation. Pour autant, j'étais assez lucide sur le fait que le fossé entre nous était bien trop important pour que ça marche. Je crois que je savais qu'intellectuellement j'allais me lasser. Lui pensait, peut-être plus que moi, que ça pourrait fonctionner. Si nos différences ne nous ont pas éloignés plus que ça au début, la communication restait difficile et les conversations au fil du temps devenaient superficielles et poussives. Cette hétérogamie dans les relations me paraît être une façon de comprendre la différence chez l’autre. Je pense que la prospérité de la relation dépend du fossé que creusent ces différences. Les compromis et l'adaptation à l'autre ne peuvent pas toujours se faire et demandent, des fois, bien trop d'efforts. Je ne suis pas pour l'homogamie mais je pense que l'hétérogamie a ses limites. Des personnes aux pôles totalement opposés ne pourront jamais fonctionner à l'unisson sauf en cas de gros compromis qui seront source de frustration pour l'un comme pour l'autre. J'ai pu comprendre que si les différences peuvent attirer, elles restent un frein à l'épanouissement personnel et conjugal du couple."



Matthieu – 22 ans :


« Mon père est cadre à la SNCF et ma mère est kiné à l’hôpital. J’ai vécu la majorité de mon enfance dans une commune périurbaine bourgeoise de Tours. Ma famille se situe dans la classe moyenne supérieure, mais le travail physique a souvent primé sur le travail intellectuel dans ma famille. J’ai aussi été en contact avec la littérature. Le milieu social de mes amis est varié et n’a jamais été un critère opérant. Toutefois, il est vrai qu’avec mon parcours à Sciences Po, beaucoup d’entre eux sont issus des grandes écoles.


J’ai rencontré cette fille au lycée été et notre relation a duré 4 ans avant de se terminer récemment. Elle d’un milieu rural et pauvre, dans la campagne de Tours. Sa mère était au chômage et son père ouvrier. Sa famille paternelle a émigré du Portugal et son père parlait un français approximatif. Culturellement il n’y avait pas de réelles différences car mon ex-copine avait un excellent niveau scolaire et académique. Elle faisait des études pour devenir expert-comptable donc nous étions tous deux étudiants avec des préoccupations proches. Ses amis et les miens étaient semblables donc nous n’avions aucune difficulté à faire partie de la vie de l’autre. Néanmoins, je ressentais un vrai écart dans certains débats, par exemple la politique. Il y avait en elle et dans sa famille un profond désintérêt pour la politique et à force, j’ai fini par éviter ce type de conversation. Ils avaient le sentiment que les politiques et l’État se désintéressaient d’eux et qu’ils n’étaient pas concernés ni suffisamment informés pour vraiment s’y intéresser et participer à la démocratie. Pour autant, le gouffre était surtout économique et certaines tensions en ont découlé. Si nous voulions faire certaines activités, il fallait que je contribue pour elle. C’est surtout une fois que nous avons quitté le domicile de nos parents, que les écarts économiques se sont faits ressentir. J’ai dû lui prêter de l’argent à quelques reprises pour l’aider à financer une partie de ses études. Lorsque nous étions en Erasmus, elle m’a reproché de ne pas venir la voir en Finlande (j’étais à Londres) car j’avais les moyens de voyager. J’ai toujours pris en compte le fait qu’elle avait moins de moyens que moi et j’ai tout fait pour atténuer ces différences et éviter qu’elle se sente coupable de cela. Elle était parfois gênée que je paye certaines choses à sa place mais j’ai toujours fait en sorte de dédramatiser la chose et de ne pas créer un sentiment de gêne.


Concernant sa famille, je l’ai finalement très peu côtoyée car elle-même ne les voyait que très rarement à cause de tensions latentes sur fond d’alcoolisme. C’est surtout là où le décalage était le plus prégnant. C’était des personnes gentilles, mais je dois avouer que je ressentais un certain malaise en leur présence et ne savais pas vraiment de quoi parler avec eux. Il ne s’agissait pas d’un sentiment de supériorité ou de domination, simplement d'un gouffre profond entre deux modes de vie, deux mondes opposés. Il était difficile pour moi de parler de ma vie, de mes activités alors que je savais pertinemment qu’ils avaient énormément de mal à payer leurs factures et à manger convenablement.


A mon sens tout dépend du caractère, des ambitions de chacun mais également de la période de la vie à laquelle on se trouve, mais cela ne peut être qu’une opportunité d’être avec une personne venant d’un milieu différent. Je perçois mal comment une personne pourrait percevoir l’hétérogamie amoureuse comme pouvant être une contrainte pour toute personne sensée et amoureuse. En définitive, dans ma situation cette hétérogamie m’a permis de prendre conscience de la chance que j’avais mais également qu’il faut toujours rester humble et tolérant car les personnes venant de milieux sociaux dégradés subissent des contraintes et des chocs moraux, économiques et culturels violents souvent bien différents de ceux de la classe moyenne. »



. Alban, 27 ans :


"Je suis en fin de master, je cherche un stage de fin d’année et je n’aurais probablement pas de boulot tout de suite à la sortie de fac étant donné le contexte. Socialement, je fais partie des 10% les plus riches, je suis un petit bourgeois des centre villes. Mes parents sont tous les 2 cadres, qui ont toujours habité dans des grandes villes. L’argent n’a jamais été un problème, il n’y a jamais eu d’insécurité matérielle ou de loyer impayé. Ma sœur a pu faire des études en école de commerce à 8000€/année et moi j’ai fait 9 ans d’études supérieures (un coup dans une filière, un coup dans une autre…) en bossant rarement l’été (et surtout pour avoir de l’argent de poche). n termes de capital culturel, j’allais régulièrement au musée étant gamin, mes parents lisent Télérama sans avoir la télé... Je considère que je suis issu de milieu bobo. J’ai des conviction écolos et j’imagine que c’est parce que j’ai le temps de me les poser. Quant à mes amis, ils sont issus de milieux sociaux assez variés que j’ai rencontré grâce au brassage social que permet l’école public, dans les villes où les gens ne jouent pas avec la carte scolaire. Ça fait aujourd’hui 1 an et 7 mois que je suis dans cette relation. Ma copine est dans la même fac que moi mais on s’est rencontré par Tinder. On a commencé comme des plans cul et puis ça a accroché, donc on s’est mis relativement rapidement ensemble. Elle est d’un milieu que je considère assez différent du mien. Elle est rurale, d’une mère institutrice et d’un père auto-entrepreneur du secteur secondaire. C’est une transfuge parce que ses parents sont sociologiquement des « gilets jaunes » (vivent loin de leur lieu de travail, habitent dans la diagonale du vide parce que c’est moins cher, ne peuvent pas se payer d’extra en dehors de leur quotidien). Chez elle, ça ne parle pas de politique et ça regarde la télévision. Le rapport de ses parents aux études, c'est que c’est bien d’étudier, mais pas pour flâner. Il faut un but précis, se former pour ensuite avoir un métier qualifié. Pour autant, elle a un capital culturel et un niveau d'études plus élevé que ses parents et est fortement politisée. Il n'y a donc pas réellement d'écart à cet égard, ni de grandes différences entre elle et moi sur le plan des références culturelles ou des centres d’intérêts. Néanmoins, nous n'avons pas les mêmes activités, les mêmes reflexes. De par mon éducation bobo, j’ai l’impression que les écrans sont moins important pour moi et je pourrais renoncer à un smartphone, ce qui n’est pas le cas de ma copine. Par contre, je sais que j’aurais du mal a me passer des voyages contrairement à elle, car elle en a beaucoup moins fait que moi.

Je pense que l’hétérogamie peut être une opportunité, une contrainte ou ni l’un ni l’autre, tout dépend des éléments qui composent la relation. Si j’ai moyen d’aider ma moitié par un quelconque avantage de classe, je le fais. J’imagine que ça peut être une contrainte si les différences sont trop grandes (et dans ce cas, il faudrait peut-être veiller en tant que société a diminuer ces écarts). Globalement je pense que les gens peuvent construire des relations par-delà de leurs différences de classe s’ils le souhaitent et s’ils trouvent des terrains d'entente et des point communs."


.

1 - L'hétérogamie est définie par le Larousse comme "caractéristique sociale propre aux mariages entre personnes de race, situation sociale, niveau d'éducation, etc., dissemblables." Ici, seule les individus provenant de classes sociales différentes nous intéressent, bien que chacun des critères cités puissent s'y retrouver.

2 - L'évolution du taux d'endogamie de classe sociale en France — Sciences économiques et sociales (ens-lyon.fr)

35 vues0 commentaire