• pablopatarin

Il est 5h, Hugo s'éveille [PHOTOREPORTAGE]

Il est 5h, Hugo se lève. A seulement 21 ans, Hugo cumule un travail en pâtisserie/cuisine lié à son CAP, qui exige de lui ce réveil nocturne, mais aussi une licence à la faculté de droit de Rennes en parallèle. Des travaux éprouvants servant à concilier ses propres désirs, ceux de ses parents, et assurer son avenir dans une société qui précarise de plus en plus la jeunesse.


C’est ainsi qu’Hugo débute une journée harassante à cinq heures du matin, traversant les ruelles rennaises où les seuls passants sont ceux qui travaillent à l’aube, comme lui. Les nettoyeurs de rue préparent les grandes avenues du centre qui seront bondées d’ici quelques heures. Les édifices rennais sont mis en évidence par l’éclairage public et le vide presque total qui règne sur les esplanades. Éclairage presque chaleureux en comparaison à celui de la cuisine dans laquelle Hugo s’engouffre.

A cet horaire où rien n’est habituel, Hugo se doit pourtant d’être vif, pour contenter ses chefs exigeants qui ont peu de considération pour la complexité de sa situation. Quand Hugo ne finit pas trop tard, il change de casquette et rejoint son syndicat étudiant. Il cherche à aider les plus précaires que lui en des temps difficiles pour nombre d’entre eux, réalisant des donations alimentaires ou proposant une aide (financière, administrative…) aux jeunes en cités universitaires. Hugo retrouve ses ouvrages de cuisine et de droit en rentrant chez lui, où le chauffage n’est même pas allumé en raison du prix des charges. Tout cela ne l’empêche pas de trouver le temps et l’énergie, plusieurs fois par semaine, de cuisiner pour ses amis et sa copine, qu’il aime régaler tout en s’exerçant pour son travail.


Hugo incarne cette jeunesse relativement précaire mais touche-à-tout, alliant en l’occurrence, presque de manière schizophrène, la théorie du droit et le travail manuel ne s'exerçant pas dans son respect le plus total. Hugo n’attend rien des pouvoirs publics, mais cherche à se créer et créer autour de lui les conditions d’une existence heureuse. Il symbolise une jeunesse qui cherche à s’en sortir, à rêver tout en contentant les autres et à s’émanciper du moule sans toujours y parvenir, entre fatigue et passion.


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