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Mobilisation à Banyuls-sur-Mer face au risque d'expulsion d'une famille mongole

Publié le 18 Juin 2021 dans L'Indépendant, par Pablo Patarin. Photo Yves Andrieu

Une famille sino-mongole vivant dans un foyer d'hébergement d'urgence depuis près de quatre ans risque l'expulsion du territoire, après avoir épuisé les voies de recours. Face à cette potentielle expulsion, les camarades d'école des enfants de la famille se sont mobilisés, en proposant un clip musical pour alerter quant à la situation.

Front de mer de Banyuls-sur-Mer ce mercredi 16 juin. Plusieurs jeunes répondent aux questions de France 3 pour mettre en lumière une situation qui les émeut : la potentielle expulsion du territoire d'une famille sino-mongole, dont l'aîné est un de leurs camarades de classe. Cette famille arrivée en 2012 sur le territoire français avait fui la Mongolie avec ses deux enfants, car le père était accusé d'avoir tué un manifestant à Oulan-Bator où il était policier. Ils avaient ensuite rejoint Banyuls et le foyer d'hébergement d'urgence Saint-Joseph il y a quatre ans. Deux enfants nés sur le sol français sont venus agrandir la fratrie entre-temps. Jean-Michel Solé, maire de Banyuls, exprime que "cette famille n'a jamais posé problème. Les enfants sont scolarisés ici et parlent français. Il y a dans cette histoire une dimension humaine sur laquelle on ne peut que compatir. Néanmoins, d'un point de vue juridique, ils sont en situation d'irrégularité et sont hébergés depuis quatre ans dans un foyer destiné à des accueils temporaires". Le maire précise également qu'à ce jour, il n'y aurait "pas de procédure d'expulsion, mais ils sont arrivés depuis bien longtemps au bout de leurs droits. Cela fait plus d'un an que le foyer leur a demandé de prendre des dispositions pour envisager un retour au pays". D'après André Centene, membre du Secours catholique qui a suivi la famille depuis son arrivée à Banyuls, deux promesses d'embauches venaient pourtant d'être faites aux parents. Il évoque également le 1er juillet comme date potentielle de l'expulsion : "Si la famille dépasse les dix ans sur le territoire, ce qui sera bientôt le cas, ils ne pourront plus être expulsés. La date du 1er juillet, c'est aussi pour éviter la période électorale, comme c'est un sujet sensible. Si le foyer venait à ne plus les accueillir, ils seront considérés comme SDF. À partir de là, le SIAO (Services intégrés de l'accueil et de l'orientation) peut décider de les envoyer en centre de rétention avant expulsion". André Centene parle même d'une "vraie volonté de les chasser, car cela fait des années qu'ils se font débouter du droit d'asile". Les camarades de classe ou de judo de l'aîné de la famille ont donc souhaité afficher leur soutien et donner de la visibilité à une situation perçue comme injuste, notamment pour les enfants scolarisés en France. Ils ont ainsi réalisé un clip musical accompagné d'un texte de soutien slammé, diffusé en ligne. La vidéo compte déjà près de 6000 vues toutes plateformes confondues et a donc attiré le regard de médias régionaux. La famille aurait été très émue par le geste, bien qu'elle souhaite rester discrète, dans la crainte de répercussions négatives. Les jeunes à l'initiative de la vidéo et leurs familles viennent de lancer une pétition en ligne et réfléchissent déjà à d'éventuels rassemblements, au cas où l'expulsion venait à se concrétiser. Pour André Centene, "ces gamins expriment la violence psychologique qu'ont subie les enfants de cette famille, qui vivent depuis des années avec une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes. Eux, comme d'autres en France, sont victimes de notre système administratif et de choix politiques". La préfecture rappelle que deux mesures d'éloignements ont été prises en 2013 et 2017. " A cette date, cette famille a effectué une demande de rendez-vous afin de déposer un dossier de titre de séjour. La demande est à l'étude dans les services et aucune mesure d'expulsion du territoire national n'a été prise à leur encontre". Le contrat d’hébergement dans la structure d'accueil tenue par une association prend fin le 1er juillet .


L'Association Solidarité Pyrénnées, responsable du foyer Saint-Joseph, déclare ne pas vouloir communiquer à ce sujet.


La vidéo "A demain.. peut-être" est disponible sur Youtube sur la chaîne BanyulsInfo :



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